Chroniques des Anges
Destins Croisés
Le soleil matinal frappait la terre de ses rayons avec force en cette matinée de Juin, et les jeux de lumière sur les 666 plaques de verres de la pyramide du Louvre étaient éblouissants. Les visiteurs étaient déjà nombreux mais aucuns ne pouvaient rentrer dans le musé car des voitures de police faisaient barrage à l’entrée et des agents empêcher quiconque de passer. Personne cependant n’avait manquer de constater que les voiture de plocie n’était pas toutes françaises…
A l’intérieur du musé, deux inspecteurs avançaient d’un pas sur et rapide vers le conservateur adjoint, Adam Belfort, qui était en ce moment même interrogé par un gendarme en compagnie d’autres employés du musé. Adam tourna son regard vers les deux inspecteurs et reconnut tout de suite les cheveux roux foncés et les yeux verts de jade de Chris Mendez, ainsi que les lunettes carrées et la peau chocolat de l’inspecteur Anthony O’Lerry. Ceux-ci se postèrent devant lui et Mendez dit d’un ton plus que suspicieux :
_ Nous nous rencontrons finalement bien souvent M. Belfort. C’est à croire que ces vols consécutifs, vous-même, vous n’êtes pas capable de les prévenir, à défaut de les empêcher.
_ Cher inspecteur Mendez, dit le vieil homme sur un ton mielleux largement ironique, si la police n’est pas capable d’arrêter ce voleur qui, si mes calculs et mon suivit de la presse sont bons, en est aujourd’hui à 14 vols d’objets d’art majeurs dans le culture mondial, ce n’est pas moi qui vais pouvoir y parvenir. Quant au fait de me retrouver sur vos enquête assez souvent, et bien, pardonnez moi de travailler dans l’un des musé les plus visité et les plus riche en œuvres d’art du monde.
Chris fronça les sourcils. Il savait que le vieil homme avait raison, seulement son intuition lui disait qu’il en savait bien plus qu’il ne le laissait paraître ce qui ne pouvait l’empêcher d’avoir à son égard de fort soupçons et une antipathie plus ou moins prononcée. Il ne vit pas la jeune femme, derrière Adam, prêt d’une fenêtre, qui semblait manifestement très amusé par la réflexion du conservateur adjoint, ainsi que par le cours des pensées de Chris.
_ La situation ne se prête pas franchement à ce genre d’échanges animés, lança O’Lerry.
Il regarda son carnet de note.
_ D’après nos informations, c’est La Cène elle-même qui a été volé ! La Cène Belfort! Tout de même ! J’ai du mal à y croire.
Ils furent rejoints par un groupe de policiers italiens et anglais, qui montrèrent leurs plaques aux employés du Louvre. Adam leva un sourcil.
_ Ils envoient Interpol pour une affaire de vol maintenant ? demanda-t-il, surpris.
L’un des anglais eu un air sévère et répondit d’une voix rauque dans un français parfait :
_ Ce que vous appelez si naïvement une affaire de vol a tout de même une ampleur internationale et les objets volés sont toujours des grands classiques et trésors de la culture mondiale. Un œuf de Fabergé, celui de la Résurrection, un tableau de David, des œuvres de Michel-Ange, aujourd’hui La Cène de De Vinci, et j’en passe et des meilleures… Nous savons tous que nous avons affaire à un seul et même voleur, qui par-dessus le marché est assez habile pour dérober les œuvres les mieux protéger en ce bas monde ! Alors vous devriez être surpris que la CIA ne soit pas encore sur le coup, au lieu d’être étonné qu’Interpol s’en mêle.
Adam resta sans voix. Il était clair que cet inspecteur n’était pas le genre de personne à énerver. Chris, quant à lui, était satisfait de voir que l’anglais avait réussi à fermer le caquet ironique et réputé infermable d’Adam Belfort. Cependant, Chris savait que le vol de la peinture devait beaucoup affecter Adam. Le vieil homme était mondialement connu et reconnu pour sa passion et son amour de l’art, auquel il avait dédié sa vie et dont il avait prit grand soin.
Adam fronça les sourcils avec colère puis lança d’un ton rude, signifiant qu’ils étaient encore dans SON musé et qu’ils feraient mieux de se comporter en conséquence :
_ Vous voulez voir les lieux je suppose ?
_ Ce serait avec plaisir, répondit l’anglais avec engouement, ayant pleinement saisit le sens du ton d’Adam.
Le conservateur adjoint sorti alors un trousseau de clés magnétiques et leur fit signe de le suivre. Ils longèrent de nombreux couloirs avant d’arriver dans la galerie quadrillée par plusieurs équipes de police et de police scientifique qui s’affairaient autour du grand vide mural, là où le célèbre tableau aurait dû se trouver. Ils passèrent sous un cordon de plastique et Adam leur fit signe qu’ils pouvaient étudier les lieux à loisir. Ce que Chris ne se priva pas de faire.
Il observa attentivement l’espace vide ainsi que les alentours, tata, toucha, posa de nombreuses questions à Adam. O’Lerry le laissait faire, il savait que c’était sa façon d’enquêter. Cependant il ne pouvait pas deviner le trouble qui s’insinuait progressivement en son coéquipier. En effet, Chris avait de plus en plus l’impression que quelque chose, ou quelqu’un, de pas franchement humain était lié à l’histoire, mais il n’allait pas en faire la réflexion devant tout le monde. Il était bien connu dans les cercles de police française que Chris avait eu de gros problèmes par rapport à une affaire où le surnaturel était en cause. Lui savait que c’était vrai, mais pour tout les autres ce n’était que délire et affabulations qui lui avaient valu 6 mois de suspension, dont 3 de dépression, et qui lui avait fait passé à côté d’un procès. Il échangea cependant un regard entendu avec O’Lerry, qui était bien la seule personne, en dehors de son patron, à ne pas le prendre pour un cinglé. O’Lerry leva un sourcil et poussa un soupir, sachant très bien alors ce que Chris avait en tête.
Adam lui demanda s’il avait déjà abouti à des conclusions mais Chris lui répondit qu’il le tiendrait au courant et qu’il l’appellerait dès qu’il aurait du nouveau. Il lui conseilla aussi d’être méfiant avec les agents d’Interpol. Puis il tourna le dos à la salle et sorti.
_ Ne me dis pas que tu crois qu’un truc sorti de l’Enfer est venu piquer un tableau de plus de 4 siècles, lança O’Lerry. Parce que je dois avouer que j’aurait du mal à comprendre pourquoi Satan voudrait avoir un tableau du Christ dans son salon !
Chris lui lança un regard plein de reproche.
_ Ecoute Chris, pour avoir était dans une situation plutôt bizarre lors de l’affaire Peterson, tu sais que je crois en partie à tes histoires de surnaturel. Tu m’as presque convaincu que les loups-garous existaient ! Mais là…
_ Il y a des traces anormales sur ce mur, répondit Chris. Je ne tire aucune conclusion mais j’ai l’impression que cet fois ce n’est pas notre fameux voleur qui a fait le coup.
_ Tu disait pareil pour l’œuf de Fabergé, remarqua O’Lerry.
_ C’est vrai…peut-être est-ce le même voleur…j’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est qu’il y a quelque chose de pas normal dans cette affaire. Comme pour l’affaire du meurtre d’Angèle Leauclaire, tu sais la fille qu’on a retrouvé morte dans une église en périphérie il y a 3 semaines.
_ Je risque pas de l’oublier celle là…
Chris vit alors une petite fille brune près d’un des cordons de sécurité vers l’entrée. Il reconnut tout de suite Lily-Eve, la petite-fille d’Adam Belfort. La petite lui fit un signe de main accompagné d’un adorable sourire, puis sorti dans la cour. Chris avait rencontré la petite lors de sa première visite et il l’avait beaucoup apprécié, elle était si innocente, si adorable. Il ne comprenait pourtant pas comment elle avait put le voir et lui faire signe alors qu’elle était aveugle. Cette petite était surprenante, il sentait une aura particulière autour d’elle.
Adam retourna dans son bureau. Il fallait qu’il téléphone à Cainabel au Vatican. Il n’avait pas le souvenir que l’organisation lui ai dit de voler La Cène. Mais avant qu’il ai pu mettre la main sur le combinet téléphonique une voix douce s’éleva de la fenêtre :
_ On dirait que l’inspecteur et toi êtes en guerre ouverte.
Adam se tourna. La jeune femme qui avait rit de voir Chris rembarrer par Adam était assise sur le rebord de la fenêtre ouverte, ses longs cheveux se balançant au rythme de la brise.
_ Je n’avais pas vu que tu étais là, dit Adam avec un sourire.
La jeune femme tourna les yeux vers lui, des yeux aussi profonds que le ciel.
_ Raphaël m’a parlé de la vision que Lily-Eve avait eu hier soir. Elle t’en a parlé ?
_ Oui, d’ailleurs je ne l’avais jamais vu aussi terrifiée, murmura Adam. D’après elle, Raphaël lui aurait dit que cette vision avait peu de chance de se réaliser, mais tu connais Lily-Eve, elle se trompe rarement.
_ Ne t’inquiète pas Adam. C’est à nous de nous occuper de cela et je peux t’assurer que tu n’as pas à t’en faire.
Adam fut incroyablement rassuré par ces paroles. Jamais sa petite-fille n’avait eu de vision si nette et si terrifiante. Et comme ses visions se révélaient souvent exacte, il y avait eu de quoi s’inquiéter.
_ Méfies toi plutôt de l’inspecteur, reprit l’ange.
_ Lequel ?
_ Chris Mendez.
Adam eu un air franchement surpris. Il savait que Mendez était un excellent inspecteur, en dépit de son passé trouble, et qu’il voulait vraiment retrouver ce voleur. Même si leurs relations étaient tendues du fait que le voleur qu’il recherchait était Cainabel et que Adam était le protecteur de cette dernière.
_ Pourquoi ? Il n’a pas…
_ Je sens une présence démoniaque autour de lui, le coupa l’ange.
_ Démoniaque ?
_ Je devrais plutôt dire diabolique…
_ Tu n’y penses pas Gabriel !!!
Gabriel garda le silence et son regard se perdit à l’horizon.
_ Reste loin de lui autant que possible, reprit-elle. Ce n’est pas Chris en lui-même qui est dangereux, mais je préfèrerait te savoir loin de lui.
Adam eu un sourire :
_ Tu es un ange gardien un peu trop protecteur non ?
Gabriel eu un doux sourire, signifiant que même les anges pouvaient s’attacher à leur protégés quand ils veillaient sur eux durant toute une vie.
Chris se passa de l’eau sur le visage, qui ruissela sur son torse nu. Des cicatrices circulaires sur son abdomen et son épaule brillaient sous la lumière du crépuscule. En les regardant, l’affaire Peterson lui revint en mémoire. De mauvais souvenirs. De douloureux souvenirs…aussi douloureux que des balles de 9 millimètres et 1 mois passé en soin intensif… Il retourna dans son salon.
L’appartement était au dernier étage d’un vieil immeuble du 19ème siècle, donc sous les combles. Il était pourtant spacieux et confortable. Cependant un fouillis indescriptible trônait sur son bureau. Tout son dossier sur l’affaire des vols s’étalait dessus, en plus des papier punaisés sur le mur de derrière. Il y jeta un coup d’œil. Cette affaire le troublait. Elle avait commencée avec le meurtre d’Angèle, et aujourd’hui il avait inspecté des lieux imprégnés d’énergie infernale. Enfin il pensait qu’elle était infernale, mais elle pouvait aussi bien être céleste. En tout cas, elle n’était pas humaine.
_ Tu t’obstine encore à ce que je vois, lança alors une voix glaciale dans son dos.
Il se retourna vivement. Il était là. Assis tranquillement dans le fauteuil à côté de la cheminée éteinte. Les bras sur les accoudoirs, les jambes croisées, il le regardait droit dans les yeux, comme à son habitude. Chris cru faire une crise cardiaque. Il avait l’habitude de le voir surgir au moment où il s’y attendait le moins, pourtant chaque fois son cœur manquait de s’arrêter sur le coup.
_ Qu’est-ce que tu fou ici ? lança Chris d’un ton acide.
Lucifer le snoba de façon magistrale et alluma une cigarette d’un claquement de doigt. Puis, le regard toujours aussi froid, il dit calmement :
_ Laisse tomber cette affaire. Elle risquerait, à terme d’être…nocif à ta santé.
_ J’en étais sur ! Tu es dans le coup, j’en reviens pas, tu n’as franchement aucune limites !
_ Ais-je dis une chose pareille ? répondit Lucifer, toujours de ce ton calme et neutre.
_ Arrête, tes petits jeux ne marchent plus avec moi ! Qu’est-ce que tu prépare encore.
Lucifer se contenta de cracher une bouffée de fumée. Une fois de plus Chris n’en revenait pas de son orgueil sans borne et de son insolence.
_ Pourquoi as-tu tué Angèle Leauclaire ?
_ Qu’est-ce qui te fais croire que c’est bien moi qui l’ai tué ?
_Tu été sur les lieux du crime.
_ Il y avait beaucoup de monde sur les lieux du crime.
Chris jura. Il était décidément impossible de tenir une conversation avec Satan. Il parvenait toujours à la retourner contre vous et à son avantage, il arrivait toujours à faire tourner son interlocuteur en bourrique.
_ Pourquoi es-tu venu ? demanda Chris sans le regarder.
_ Mais c’est toi qui es venu me chercher.
Chris se retourna et alla dire quelque chose mais le regard de Lucifer le stoppa net. Il savait parfaitement que Lucifer avait raison. Mais comme il aurait voulu qu’il lui lâche les basques.
_ C’est impossible et tu le sais, lança Lucifer.
_ Arrête de lire dans mes pensées !
_ Et toi lâche l’affaire. Cela ne te concerne pas. Tu vas encore te jeter la tête la première dans quelque chose qui te dépasse totalement et on sait tout les deux comment ça c’est fini la derrière fois. A moins que tu aimes tant que ça tout ce qui c’est passé il y a 5 ans. Peut-être la sensation du défibrillateur qui te manque…
Chris serra les poings et tenta sans succès de refouler sa colère. Lucifer savait très bien ce qui se passerait au moment où Chris mourrait, et il avait été franchement déçu de ne pas le voir 5 ans auparavant, la seule petite consolation de Chris.
_ Tu crois peut-être que tu vas pouvoir racheter ton droit au Paradis en mettant à l’ombre tout les criminels infectés d’énergie infernale ? lâcha Lucifer avec cette fois une note d’ironie et de mépris bien perceptible.
Chris se détourna et lui cracha :
_ J’irai pas en Enfer ça je peux te le garantir !
_ Ce n’est pourtant pas ce qui est prévu !
_ Je ne mérite pas l’Enfer ! hurla Chris.
Il y eu un court silence, puis Chris entendit dans son dos la voix de Lucifer, pleine d’une cruauté qu’il lui connaissait bien :
_ Je suis certain que ce n’est pas l’avis de Joseph…
Avec un nouveau hurlement, Chris se retourna et lança en direction du fauteuil un lourd vase de verre. Celui-ci s’écrasa contre le mur. Lucifer avait disparu, sachant très bien qu’il avait réussi à mettre Chris en rage et à tourmenter son esprit et son âme.
Ce dernier garda son regard braqué sur le fauteuil. Lucifer avait encore réussi le pousser dans les tréfonds de le douleur.